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Wo lassen Sie denken Où laissez-vous penser? Rent a brain...

29.01.00

Tatjana Cvetkovski

Ovo je ovde Balkan

Les Balkans, c'est l'enfant terrible de l'Europe, ainsi pourrait-on résumer la géante quantité d'infos que l'on trouve dans les médias. Les grands hommes politique ne cessent de dire que c'est pour la paix qu'on se bat et qu'ils feront de leur mieux pour défendre leurs idéaux d'un meilleur monde. Du coté de l'OTAN, c'est une guerre humanitaire où on essaie de forcer son ennemi, avec les mêmes moyens que celui-ci, d'être enfin un gentil. L'objectif justifie les moyens. Il semble qu'on n'a pas le choix, dans ce conflit il faut intervenir avec violence.

Les serbes ne cessent pas de tuer des albanais, de les faire partir pour on ne sait pas où, mais juste hors de ce pays. Les yeux du public sont fixés sur les serbes et leur comportement terribles envers les albanais. Sur toutes les chaînes de télé il y a des images des albanais dépaysés qui sont partis pour sauver leurs vies et qui se trouvent maintenant dans une situation humiliante sans avoir assez à manger; leurs seuls espoirs reposent sur l'aide de l'ouest.

En voyant tout ces images cruels on se demande qui on est, au moins moi je me le demande. On retourne toujours à cette question fondamentale dans presque tout ce qu'on fait. Etant de là-bas, les choses ne semblent guère facile, car il faut, à mon avis, prendre partie. Oui, il le faut. Qui suis-je pour enfin savoir quelle partie je prend?

Je ne peux nier les cruautés des serbes mais non plus peux-je me mettre d'accord avec l'ouest qui croit comprendre ce qui se passe là-bas et qui se mêle dans des affaires d'une attitude des sauveurs du monde, sans vraiment avoir le droit de le faire car ils sont pas mieux.

Je ne peux pas fermer les yeux à la misère des albanais qui ne savent plus s'ils survivront cette journée. Je ne peux pas dire qu'on a le droit de tuer quelqu'un pour quelles raisons que ça soit. J'aime ma patrie et je la préfère avec des églises ainsi qu'avec des mosquées . J'aime entendre à cinq heures du matin les chants du prêtre musulman qui invite ses croyants à prier. J'aime également entendre les cloches de l'église.

Je ne peux pas nier ma patrie mais il faut que je prenne partie pour moi. Il ne s'agit pas d'être pour les serbes ou l'OTAN ou quoi que ce soit, il s'agit de moi. Je sais ce que je pense de tout ça et je sais prendre partie dans cette histoire. J'aimais ma patrie comme elle était, avec toutes ses cultures, toute sa richesse.

Les différences entre ces cultures nombreuses sont trop grandes, les êtres humains trop humains, les idéaux trop une illusion, le conflit là-bas trop incompréhensible pour l'étranger. Une guerre n'est jamais juste. Dans une guerre il n'y a rien pour qu'on en prenne partie. Mon c¦ur est grand, il y a la place pour le bonheur mais aussi pour toutes les injustices et la peine que ça donne.

Je suis slave et fière de l'être.

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