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Wo lassen Sie denken Où laissez-vous penser? Rent a brain...
18.01.00
Il suffit qu'autrui me regarde pour que je sois ce que je suis.
J.P. Sartre
L'oeil du lecteur se pose sur une scène sauvage où les envies sont insensées. Ici , c'est la ville blanche , tellement blanche qu'on y perd la raison. Inverser les valeurs , la façon de vivre, la perversité , la morale , ici , c'est la terre fertile pour tous ces actions. On ne remarque guère l'ambiance dans l'air qui semble se déchirer à un moment ou à un autre. Les gens qui passent dans la rue , les marchands qui vendent leurs bidules , les jeunes qui tracent le champs de la vie folle ne font qu'un grand désordre , cette population ne reflète pas le goût d'une société bien à sa place. C'est le chaos qui règne , la paix étant une exception. Cette endroit peut se trouver partout dans le monde , cela dépend de la perception du lecteur ; mais moi , je me concentre sur cette ville blanche. Tandis qu'une grande partie de sa population glisse vers la paupérisation et la désespérance , la guerre a généré dans cette ville une «nouvelle élite» sans foi ni loi. C'est un petit essai d'une ville qui ne croit plus en rien.
ELLE , c'est une jeune femme bien représentative pour sa génération par ici. Les privations et le traumatisme des bombardements ont rendu les jeunes égoïstes et cyniques. Comme beaucoup de son âge , elle a interrompu ses études de droit sans songer à fonder une famille ; le but du jeu , c'est de rejeter toute forme de responsabilité. Ce qui compte , c'est l'instant , c'est s'amuser. La loi et l'ordre , qu'est-ce que cela peut bien vouloir dire ici? Pourquoi devenir avocat dans un pays où la loi ne compte pas? Voilà ses réflexions sur sa vie précédente. Elle n'aime pas réfléchir de ses choses-là , mais dans des brefs instants , dans un moment faible , elle dessine involontairement un image de cette société qui l'entoure. Pour elle , la politique dans sa patrie est une maladie ; c'est que fais Milosevic , c'est de la folie. Et l'Occident , toujours soucieux de proclamer la paix mondiale , bombarde ceux qui veulent renverser cette politique de fous. Quant à l'opposition , ils ne veulent que le pouvoir , c'est tout. Sa nouvelle vie , elle ne peut la nommer ni bien ni mauvais ; elle n'a pas d'opinion , la politique , ce n'est pas cool. Tous les jours elle se lève en fin d'après midi. Ensuite , elle regarde des clips à la télé. Puis elle avale un truc vite fait et se prépare pour sortir en boîte - et séduire les hommes qui l'entretiennent. C'est le luxe qui est cool , peu importe d'où il vient. La concurrence parmi ces jeunes femmes est dûr. A vingt ans elle se sent déjà vieille. Ses prétendants , elle les trouve dans les bars aux noms évocateurs. Nostalgie d'un vaste monde. Elle finit généralement ses nuits dans des boîtes de luxe, où la vie commence à s'animer bien après minuit. Où la cocaïne circule à souhait dans les arrières salles : la cocaïne , c'est bien avec la musique , ça rend les hommes plus sympathiques , l'avenir moins important , le sexe plus supportable. Si sa vie lui plaît ? Elle en sait rien. Mais : surtout ne pas penser à l'avenir..
LUI , un homme de prestige, assis dans un café chic , la main posée sur la table , portant Giorgio Armani , ne se plaint guère de sa situation. Il fait partie de la «cléptocratie» qui règne en maître sur le pays. Il est un homme d'affaires , les sanctions internationales c'est le paradis pour lui. Si on a de bons contacts , on ne paie actuellement ni droits de donane ni impôts. C'est le chaos , organisé par la «nouvelle élite». Des problèmes , il n'y en a pas. Il suffit juste de soulever sa veste et montrer son pouvoir , une Magnum , pour faire disparaître tous les différends. Il regarde les jeunes femmes qui se presentent comme sur un plat. Un peu de luxe , ça , il peut leur fournir , un peu de luxe pour affirmer son pouvoir. Il regarde par la fenêtre qui donne sur la rue où il a garé sa Porsche qu'il a , bien sûr , acquise légalement. Bientôt , il sera temps de partir , de s'amuser dans un bar où on doit déposer , pour des raisons de sécurité , toute sorte de flingues à l'entree. Mais le goût du pouvoir reste....
EUX , c'est la population de la ville blanche - en slave : Beograd - ce sont ceux qui ont vu les bombes tomber sur leurs toits. Ils disent eux-mêmes qu'ils sont schizophrènes: Certains jours , ils se considèrent comme les Juifs, d'autres jours comme les nazis. Leur situation est tellement folle que les gens ne savent plus s'ils doivent en rire ou pleurer.....
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